17/11/2004

Livre...

"La seconde vie d'Abram Potz" de Foulek Ringelheim.
 

"Moi, moi, Abram Potz, j'ai tué. De mes mains crevardes et frigides, sans mobile conscient, sans émotion perceptible, sans effort, d'une chiquenaude gratuite, j'ai jeté un homme à la mort. J'ai accompli mon premier meurtre et je retrouve, non pas une raison de vivre, ce serait trop demander, mais une raison de ne pas disparaître encore et une vigueur morale incroyable. Je dis premier crime comme on dit premier amour, car je présume qu'il y en aura d'autres."

Abram Potz, psychiatre crépusculaire, aime voyager en groupe. Pas n'importe quels groupes et pas n'importe quels voyages : seulement ceux qu'organisent les Voyages d'Hippocrate. On n'y côtoie que des confrères avec leurs épouses ou leurs maîtresses, on est assuré de ne manquer ni de confort ni de conversation. Cependant, à quatre-vingt-six ans, certaines choses se compliquent et d'autres deviennent plus simples. Comme aimer et tuer, par exemple. Mais dans quel ordre ?


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13/11/2004

Livre...

"Inconnu à cette adresse" de Kressmann Taylor. 
 
Martin Schulse, Allemand et Max Eisenstein, juif Américain, sont deux galeristes associés, aux Etats-Unis. Ils sont surtout deux amis fervents, deux frères. Malgré l'installation de Martin à Munich, ils poursuivent leur amitié à travers des lettres chaleureuses, passionnées. En juillet 1933 pourtant, les doutes et le malaise de Martin face aux remous du gouvernement allemand font vite place à un antisémitisme que ne tempère plus la moindre trace d'affection. D'une cruauté imparable, sa décision tombe comme une sentence : "Ici en Allemagne, un de ces hommes d'action énergiques, essentiels, est sorti du rang. Et je me rallie à lui." Max ne peut se résoudre à une telle révolution, sentimentale et politique.

Inspirée de quelques lettres réelles, cette courte nouvelle publiée en 1938 par une "mère au foyer" américaine surprend. Par sa forme diabolique superbement maîtrisée d'abord et son aspect visionnaire ensuite : en soixante pages à peine, l'auteur parvient en effet à capter avec justesse l'Histoire en marche et à nous faire saisir, à travers le drame intime des deux personnages, toute la tragédie qui se joue outre-Atlantique. --Laure Anciel


16:26 Écrit par Romain | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Don Giovanni : GENIAL, tout simplement !  Quelles voix,

Don Giovanni : GENIAL, tout simplement !  Quelles voix, quels décors, quel Opéra,...  J'y retournerai, c'est promis !
 
p.s. : je suis allé, jeudi soir,  voir une pièce de théâtre de Marivaux : "les acteurs de bonne foi" au Théâtre de la Place de Liège ; c'était très amusant !

16:24 Écrit par Romain | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

12/11/2004

Livre...

"A l'étranger" de Nicole Malinconi.
 
"La langue étrangère vous ignore. Elle circule autour de vous à toute vitesse, elle va sans vous, elle n'est qu'un bruit étranger vous cognant aux oreilles, présent partout, comme sans issue. La langue étrangère règne en maître, elle fait la vie de la ville étrangère, partout, dès que l'on sort. A cause de la langue que vous ne parlez pas, c'est vous qui devenez étranger." Il y avait la langue, ce passage obligé pour être du pays. Mais eux trois, le père italien, sa femme et sa fille belges, même s'ils avaient fini par parler entre eux dans cette langue, est-ce qu'ils étaient devenus du pays ? Et lui, qui pourtant était chez lui, voyait bien que dans tout cela ils n'étaient pas du même bord que les locaux.

 


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10/11/2004

Livre...

"Beau-Fils" d'Ariane Le Fort.
 
Chez Ariane Le Fort, personne ne meurt et on n'est pas bavard. Au contraire, on s'observe, on se tait, on essaie de garder une distance raisonnable. Que se passe-t-il quand on quitte un homme et que l'enfant avec lequel on a vécu, sans être sa mère, n'est plus le "beau-fils", mais un jeune homme ? Dans ce quatrième roman, Ariane Le Fort traite avec subtilité la question. (Josyane Savigneau, Le Monde, 14/02/2003)

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Livre...

"La machine magique" de Luc Leruth.
 
Au XVIIIe siècle en Inde, sous le règne du puissant maharajah Jai Singh, à l'ombre du fameux observatoire de Jaipur, un jeune brahmane raconte sa double éducation sensuelle et scientifique. Tandis que son maître l'initie à la cosmogonie traditionnelle, il découvre les mystères de l'amour avec une jolie gitane. Des savvants d'une mission européenne lui ouvriront des horizons nouveaux. Alerte, bondissant comme son héros, ce roman nous conduit de harems en bibliothèques, d'une culture à l'autre avec une verve qui semble emprunter autant à Voltaire qu'à une fable paradoxalement moderne.

14:48 Écrit par Romain | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Ce soir je vais à l'Opéra pour la première fois de ma vie

Ce soir je vais à l'Opéra pour la première fois de ma vie !  Nous allons voir "Don Giovanni" à L'Opéra Royal De Wallonie dans la cadre du cours de renforcement français.  Je vous dirai ce que j'en ai pensé...
 
Infos :
http://www2.orw.be/skynet.v9p/contenu_spec.php?quoi=dongiovanni
 
Bon congé du 11 novembre à tous.

13:23 Écrit par Romain | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/11/2004

A une passanteLa rue assourdissante autour de moi hurlait.Lo

A une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Charles Baudelaire.

10:53 Écrit par Romain | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |